Toute entreprise qui publie selon les ESRS doit expliquer comment elle a mené son analyse de double matérialité. Cette explication, c'est l'ESRS 2 IRO-1. C'est l'un des rares passages de la déclaration de durabilité que les auditeurs, les analystes et les agences de notation ESG lisent attentivement, car il leur indique si le reste du rapport repose sur un processus solide.
En bref : L'ESRS 2 IRO-1 est la description du processus de votre analyse de double matérialité. Selon les ESRS révisées (règlement (UE) 2026/1563), elle comporte cinq éléments au paragraphe 35 : (a) étapes du processus, chaîne de valeur, méthodes, données et seuils ; (b) évaluation et hiérarchisation des impacts, y compris la prise en compte des mesures d'atténuation et des zones de risque accru ; (c) lien avec la vigilance et la consultation des parties prenantes et des experts ; (d) changements significatifs depuis la période précédente ; (e) date de la dernière mise à jour. Notre analyse de 15 déclarations de durabilité réelles de l'exercice 2025 montre des textes de 700 à 2 450 mots (médiane d'environ 1 350). Seuls 6 sur 15 publient des seuils chiffrés, 7 sur 15 ne disent rien du brut ou du net dans la section consacrée à l'analyse, et beaucoup s'appuient sur des experts internes pour représenter les parties prenantes. Vous trouverez plus bas un exemple de texte prêt à adapter.
Cet article présente ce qu'exige l'IRO-1 selon les ESRS révisées, ce que nous avons appris en lisant les sections consacrées à l'analyse de double matérialité de 15 groupes européens (dont Danone, Schneider Electric, L'Oréal, Siemens, SAP et Ørsted), les faiblesses que relèvent auditeurs et lecteurs, et propose un exemple de texte pour un groupe fictif de taille intermédiaire. Si vous êtes encore en train de réaliser l'analyse elle-même, commencez par notre guide de l'analyse de double matérialité CSRD ou par notre présentation générale de l'analyse de matérialité.
Qu'est-ce que l'ESRS 2 IRO-1 ?
IRO signifie impacts, risques et opportunités, l'unité d'analyse de toute analyse de double matérialité (ce que sont les IRO). Trois exigences de l'ESRS 2 rendent compte ensemble de l'analyse :
| Exigence | Contenu |
|---|---|
| IRO-1 | Le processus : comment vous avez identifié et évalué les IRO, avec quels critères, seuils et données, et quand |
| IRO-2 | Le résultat : vos IRO importants et leurs effets sur les personnes, l'environnement et l'entreprise, ainsi que la liste des exigences de publication appliquées |
| SBM-3 | L'interaction des IRO importants avec la stratégie et le modèle d'affaires, et leurs effets financiers actuels et attendus |
L'IRO-1 est une publication narrative. Aucun tableau ni aucune matrice n'est imposé, et la matrice de matérialité n'est obligatoire ni selon les ESRS de 2023 ni selon les ESRS révisées.
Ce qu'exige l'IRO-1 selon les ESRS révisées
Les ESRS révisées ont été adoptées le 3 juillet 2026 sous la forme du règlement délégué (UE) 2026/1563 et s'appliquent obligatoirement aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027 (pour 2026, les entreprises ont le choix). Le tableau reprend les points de données IRO-1 du projet de liste EFRAG 2026, tels qu'ils figurent dans notre ESRS Datapoint Explorer gratuit (en anglais). Utilisez-le comme liste de contrôle.
| # | Par. | Élément requis | Ce qu'il faut écrire | Fait |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 35(a), AR 22–24 | Étapes du processus et de décision pour identifier les IRO et évaluer leur matérialité | Les étapes dans l'ordre, qui a fait quoi, approche descendante (§27) ou ascendante (§28) par thème | ☐ |
| 2 | 35(a) | Couverture des activités propres et de la chaîne de valeur amont et aval | Quelles étapes de la chaîne de valeur, quelles données (fournisseurs, données sectorielles ou régionales, §33) | ☐ |
| 3 | 35(a) | Principales méthodes, données et hypothèses | Sources de la liste longue, échelles, formule de notation, horizons de temps | ☐ |
| 4 | 35(a) | Considérations qualitatives ou seuils quantitatifs | Échelle et seuil par dimension, règles particulières, agrégation de l'IRO au thème | ☐ |
| 5 | 35(b), AR 24–26 | Évaluation et hiérarchisation des impacts | Gravité (ampleur, étendue, caractère irrémédiable) et probabilité ; règle droits humains | ☐ |
| 6 | 35(b) | Prise en compte des actions de prévention, d'atténuation et de réparation | Logique brut/net conforme à l'ESRS 1 §43 | ☐ |
| 7 | 35(b) | Prise en compte des zones de risque accru (activités, relations d'affaires, zones géographiques) | Quels pays, secteurs ou groupes de fournisseurs ont fait l'objet d'une attention particulière, et pourquoi | ☐ |
| 8 | 35(c), AR 24 | L'analyse s'appuie sur le processus de vigilance | Quels résultats ont été utilisés (par exemple la cartographie des risques du plan de vigilance) | ☐ |
| 9 | 35(c) | Comment la consultation des parties prenantes affectées et d'experts externes éclaire l'analyse | Qui, comment, quand, combien, et ce que cela a changé | ☐ |
| 10 | 35(d) | Changements significatifs du processus et des informations importantes par rapport à la période précédente | Changements de méthode, de seuil ou de périmètre, ou « aucun changement significatif » | ☐ |
| 11 | 35(e) | Date de la dernière mise à jour de l'analyse de matérialité | Une date, pas seulement une année | ☐ |
Ce qui est sorti de l'IRO-1. Par rapport à la version de 2023, l'IRO-1 est plus court. Les points de données distincts sur le processus relatif aux risques et opportunités financiers, sur la hiérarchisation des risques de durabilité par rapport aux autres risques et sur l'intégration à la gestion globale des risques ne figurent plus dans le projet de liste EFRAG 2026, pas plus que les exigences IRO-1 thématiques des normes E1 à E5. La description de vos IRO importants relève désormais de l'IRO-2 (§37(a)), y compris la justification lorsque le changement climatique n'est pas important (§37(b)), tandis que le SBM-3 traite de leur interaction avec la stratégie et de leurs effets financiers. Tous les changements sont expliqués dans notre article sur l'analyse de double matérialité selon les ESRS révisées.
Deux règles qui façonnent le texte. D'abord, les ESRS révisées demandent une description concise et propre à l'entreprise, et mettent en garde contre les formules toutes faites (boilerplate). Ensuite, selon l'ESRS 1 §34, l'analyse n'est mise à jour qu'en cas de changement significatif : c'est précisément pourquoi l'IRO-1 demande désormais la date de la dernière mise à jour. Pour le rythme de mise à jour, voir notre article sur la mise à jour de l'analyse de double matérialité.
Ce que nous avons appris de 15 déclarations de durabilité réelles
Nous avons lu les sections consacrées à l'analyse de double matérialité de 15 déclarations de durabilité de l'exercice 2025, publiées entre novembre 2025 et avril 2026 : trois groupes français, huit allemands (dont deux ETI cotées), un danois, un néerlandais et deux hongrois. Toutes ont été établies selon les ESRS de 2023, plusieurs avec les allègements du « quick fix » de 2025, car les ESRS révisées n'ont été adoptées qu'en juillet 2026. Elles donnent donc une image de la pratique actuelle, pas des nouvelles règles. Les nombres de mots sont approximatifs et ne couvrent que la description du processus, hors tableaux de résultats. Les citations proviennent des versions anglaises et sont traduites librement.
| Entreprise (rapport) | Secteur | Échelle | Seuils chiffrés publiés | Apport des parties prenantes en 2025 | Brut / net indiqué | Longueur (mots) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Danone | Agroalimentaire | Non publiée | Non (qualitatif) | Consultation 2024, méthode non décrite | Brut | ~730 |
| Schneider Electric | Équipements électriques | 4 niveaux | Non | Aucune nouvelle en 2025 (validation 2024) | Brut | ~2 450 |
| L'Oréal | Cosmétiques | Non publiée | Non | Entretiens avec plus de 45 parties prenantes externes | Brut | ~1 050 |
| Siemens (ex. clos sept. 2025) | Technologies industrielles | 1–5 | Partiellement (entre 3 et 4) | Canaux existants, groupes de discussion, entretiens d'experts | Brut | ~1 780 |
| SAP | Logiciels | 1–5 par critère, tranches en € | Oui | Experts internes | Brut | ~1 140 |
| Henkel | Biens de consommation | 0–5 | Oui (sans €) | Représentants internes par groupe | Brut (impacts) | ~1 400 |
| BASF | Chimie | 5 niveaux | Non | Conseils consultatifs, forum société civile, études de perception | Non indiqué | ~700 |
| Deutsche Telekom | Télécoms | 5 / 4 niveaux | Non | Recherche documentaire, entretiens, ateliers | Non indiqué | ~1 460 |
| PUMA | Articles de sport | 0–15 / 0–5 | Oui | 40 + 20 organisations locales dans les pays d'approvisionnement | Brut | ~1 540 |
| Krones (ETI) | Machines | 0–15 / 0–5 | Oui | Représentants internes | Non indiqué | ~1 260 |
| Jenoptik (ETI) | Photonique | 1–5 | Oui | Enquête 2023, confirmée en interne | Non indiqué | ~2 130 |
| Ørsted | Énergies renouvelables | Non publiée | Non | Experts internes comme représentants | Hybride | ~1 350 |
| Philips | Technologies de santé | Non publiée | Non | Analyse de données publiques par IA, ateliers internes | Non indiqué | ~900 |
| MOL | Pétrole et gaz | Niveaux verbaux | Non (graphique) | Experts internes, enquête externe 2025 | Non indiqué | ~1 080 |
| OTP Bank | Banque | 0–15 / 0–5 | Oui (tranches de score) | Représentants internes (enquête en 2024) | Non indiqué | ~1 800 |
1. La longueur varie du simple au triple, et plus long n'est pas mieux
Les descriptions vont d'environ 700 mots (BASF) à environ 2 450 mots (Schneider Electric), avec une médiane d'environ 1 350 mots, soit deux à trois pages. Le texte court de BASF contient pourtant ce qui manque à beaucoup de textes plus longs : un tableau des impacts et risques abandonnés ou nouvellement identifiés en 2025. La bonne longueur est celle qui couvre une fois chacun des onze points de la liste de contrôle, sans répéter la théorie générale de l'analyse de double matérialité.
2. Moins de la moitié publient des seuils chiffrés
Six rapports sur 15 chiffrent leurs seuils. SAP va le plus loin : le groupe publie sa logique de notation avec des facteurs de probabilité, des tranches en euros pour l'ampleur financière (de moins de 25 M€ à plus de 500 M€) et un exemple de calcul, et fixe la matérialité à un score d'impact de 8 et un score financier de 3. PUMA écrit simplement que les impacts notés 8 ou plus sont considérés comme importants. Henkel publie une règle combinant gravité et probabilité, qui retient aussi les impacts graves mais peu probables. Krones explique même avoir relevé ses seuils en 2025 (de 8 à 10 sur une échelle de 0 à 15 pour les impacts) afin d'appliquer une approche intégrée de l'évaluation des risques. Jenoptik précise qui a fixé son seuil de 4 sur une échelle de 1 à 5 : un atelier de direction avec le directoire. OTP Bank publie des tranches de score : une gravité de 8 à 15 combinée à la probabilité pour les impacts, de 3 à 5 pour les effets financiers.
Les neuf autres évoquent un seuil sans le donner. BASF juge un IRO important s'il dépasse « un seuil défini », Deutsche Telekom a hiérarchisé « sur la base d'un seuil », Philips indique que ses seuils sont « principalement de nature qualitative », et Siemens cite une fourchette : « une valeur comprise entre trois et quatre sur une échelle de cinq points ». Pour fixer et justifier vos seuils, voir notre article sur les seuils de matérialité.
3. Brut ou net : la moitié le dit, l'autre non
Sept rapports évaluent explicitement en brut. Schneider Electric est le plus clair : l'évaluation est réalisée en brut, avant toute mesure d'atténuation, et le risque net n'est pas pris en compte. Ørsted applique une approche hybride assumée, qui tient compte des actions pleinement intégrées à sa gouvernance et à ses opérations. Sept rapports n'abordent pas la question dans la section consacrée à l'analyse. SAP annonce une approche brute, mais son graphique de notation définit la probabilité financière comme celle d'une survenance « après contre-mesures », ce qui montre à quel point les deux se mélangent facilement. Selon l'ESRS 1 §43, la question est désormais tranchée : les impacts négatifs potentiels ne peuvent être réduits que par des actions déjà mises en œuvre et efficaces. Votre texte IRO-1 doit dire quelle logique vous avez appliquée.
4. L'apport des parties prenantes passe souvent par des représentants internes
Pour 2025, la plupart des entreprises ont mis à jour une analyse de 2024, souvent sans nouvel apport externe. Henkel désigne des représentants internes pour chaque groupe de parties prenantes, Krones fait évaluer les IRO par ses interlocuteurs directs de chaque groupe, OTP Bank écrit que l'avis des parties prenantes externes a été représenté par des experts internes, et Ørsted utilise ses experts internes comme représentants. Ce n'est pas faux en soi : l'ESRS 1 §42 admet l'engagement mené dans le cadre de la vigilance. Ce qui fait la différence, c'est la transparence. SAP et Schneider Electric expliquent pourquoi aucune nouvelle consultation n'était nécessaire (aucun changement significatif). Les meilleurs exemples sont chiffrés : PUMA a recueilli l'avis de 40 organisations locales sur les IRO liés aux droits humains et de 20 sur les IRO environnementaux dans ses principaux pays d'approvisionnement, et L'Oréal a testé ses premiers résultats lors d'entretiens avec plus de 45 parties prenantes externes. Voir notre guide sur l'analyse des parties prenantes.
5. Le lien avec la gestion des risques est la norme, les montants en euros sont rares
Presque tous les rapports relient la matérialité financière à la gestion des risques de l'entreprise (ERM). La qualité varie : SAP utilise les mêmes tranches en euros dans l'analyse et dans l'ERM ; Krones publie ses classes de risque (faible de 1 à 10 M€, moyen jusqu'à 50 M€, élevé au-delà) ; Deutsche Telekom publie des classes de 200 M€ à 1 Md€ sans dire laquelle vaut matérialité dans l'analyse ; Henkel et L'Oréal se contentent d'indiquer que leurs seuils sont « alignés » sur la cartographie des risques. OTP Bank reconnaît que l'intégration à la gestion globale des risques reste à faire.
6. Seuls 3 rapports sur 15 mentionnent la règle des droits humains
Selon l'ESRS 1, pour les impacts négatifs potentiels sur les droits humains, la gravité prime sur la probabilité. Seuls Danone, Siemens et Ørsted l'écrivent dans leur description. Danone y consacre une seule phrase. Il n'en faut pas plus.
7. Les changements sont bien décrits, les dates rarement
Bonne nouvelle : plusieurs entreprises montrent ce qui a changé. BASF publie un tableau des évolutions, Deutsche Telekom liste les IRO ajoutés et retirés, Krones explique ses nouveaux seuils, OTP Bank et MOL décrivent une analyse refaite avec une nouvelle méthode de notation. Moins utile : Danone indique avoir mis à jour son analyse pour l'aligner sur les pratiques de marché, sans préciser ce qui a changé. Une date précise de dernière mise à jour est rare : la plupart des rapports ne donnent que l'année. Danone (validation en septembre 2025) et Jenoptik (comité d'audit et ESG en août 2025, conseil de surveillance en décembre 2025) indiquent au moins des mois. Avec les ESRS révisées, la date devient un point de données à part entière (§35(e)).
8. La gouvernance va de « informé » à « approuvé »
Chez BASF, les organes de direction et les représentants du personnel ont été « informés » du processus et du résultat. Chez PUMA, la liste finale des IRO est formellement approuvée par le directoire et le conseil de surveillance ; chez Krones, le directoire a adopté les résultats par résolution. Chez Schneider Electric, l'analyse a été validée par le comité exécutif puis approuvée par le comité d'audit et des risques. Philips se distingue car l'IRO-1 y relève de l'assurance raisonnable. Deux rapports se contredisent : OTP Bank désigne le comité ESG comme instance d'approbation finale dans une section et le conseil d'administration dans une autre, et Ørsted écrit sur une page avoir affiné sa méthode et sur la suivante que le processus n'a pas changé par rapport à 2024. Cinq des 15 présentent une matrice sous forme de graphique (SAP, Schneider Electric, Ørsted, Philips, MOL) ; les autres présentent leurs résultats sous forme de tableaux.
Les faiblesses que relèvent auditeurs et lecteurs
À partir de notre échantillon et des questions habituelles des auditeurs (voir notre checklist d'audit de l'analyse de double matérialité), voici les écueils à éviter :
- « Un seuil défini » sans le seuil. Si vous avez noté, indiquez l'échelle et la valeur de coupure. Sinon, personne ne peut comprendre pourquoi un thème est retenu ou écarté.
- Le silence sur le brut ou le net, ou une affirmation qui contredit les définitions de notation.
- Une consultation affirmée mais non décrite. Dites qui, comment, quand et combien, et ce que cela a changé. Si vous avez recouru à des représentants internes, dites-le et justifiez-le.
- De la théorie générale qui conviendrait à n'importe quelle entreprise (« nous avons suivi un processus rigoureux en plusieurs étapes, conformément aux lignes directrices de l'EFRAG ») au lieu de vos propres étapes, données et décisions.
- Des incohérences entre sections, par exemple des instances d'approbation différentes dans la partie gouvernance et dans l'IRO-1, ou « aucun changement » à côté de la description d'une nouvelle méthode.
- Des informations clés uniquement dans des graphiques. Les échelles et seuils intégrés à des images sont difficiles à lire pour les lecteurs d'écran et les utilisateurs de données. Reprenez-les dans le texte ou dans un tableau.
- Des termes qui s'écartent des ESRS. Employez ampleur, étendue, caractère irrémédiable et probabilité plutôt que vos propres synonymes.
- Ni date ni historique des changements. « Mise à jour en 2025 » n'est pas une date de dernière mise à jour.
Quelle longueur pour votre publication IRO-1 ?
Notre recommandation, fondée sur l'échantillon : 800 à 1 500 mots et un tableau des échelles et des seuils. C'est suffisant pour couvrir les onze points de la liste de contrôle pour un groupe de taille intermédiaire. Les résultats (IRO importants) relèvent de l'IRO-2, pas de l'IRO-1 ; renvoyez aux détails thématiques au lieu de les répéter. Si votre analyse est réellement complexe (nombreux segments, nombreux sites), ajoutez de la structure, pas des adjectifs.
Exemple de texte : publication IRO-1 pour un groupe de taille intermédiaire
Le modèle ci-dessous est rédigé pour un groupe industriel fictif d'environ 2 500 salariés, selon les ESRS révisées, et suit la liste de contrôle ci-dessus. Remplacez tout ce qui figure [entre crochets], supprimez ce que vous n'avez pas fait et vérifiez chaque phrase par rapport à votre documentation, car l'auditeur comparera les deux. Les échelles et les seuils correspondent à notre exemple d'analyse de double matérialité.
ESRS 2 IRO-1 : Description du processus d'identification et d'évaluation des impacts, risques et opportunités importants
Processus et approche. Le groupe [Société] a réalisé son analyse de double matérialité conformément au chapitre 3 de l'ESRS 1. Coordonnée par [la direction RSE], elle s'est déroulée en [quatre] étapes entre [mois] et [mois année] : (1) analyse du modèle d'affaires, des sites et de la chaîne de valeur, (2) identification des impacts, risques et opportunités (IRO), (3) évaluation au regard de critères et de seuils définis, (4) validation et approbation. Pour les thèmes dont la matérialité ou la non-matérialité ressortait clairement de notre modèle d'affaires, de nos secteurs et de nos zones géographiques, nous avons conclu au niveau du thème sans évaluation détaillée des IRO (approche descendante) ; cela concerne [par exemple la biodiversité et les écosystèmes, les communautés affectées]. Tous les autres thèmes ont été évalués IRO par IRO (approche ascendante).
Chaîne de valeur et données. L'analyse couvre nos activités propres sur [nombre] sites dans [nombre] pays, notre chaîne de valeur amont ([principales matières achetées, par exemple acier, composants électroniques]) et notre chaîne de valeur aval ([phase d'utilisation et fin de vie de nos produits]). Elle s'appuie notamment sur notre cartographie des risques, les résultats de notre [démarche de vigilance fournisseurs], nos données d'énergie et d'émissions, les demandes de clients et d'investisseurs, des études sectorielles [sources] et la liste des questions de durabilité de l'appendice A de l'ESRS 1. À défaut de données des partenaires de la chaîne de valeur, nous avons utilisé des données sectorielles et régionales.
Évaluation des impacts. Les impacts négatifs ont été notés selon leur ampleur, leur étendue et leur caractère irrémédiable (chacun de 1 à 5), les impacts potentiels également selon leur probabilité (de 1 à 5). Les impacts positifs ont été notés selon leur ampleur, leur étendue et, s'ils sont potentiels, leur probabilité, sans compensation avec les impacts négatifs. Pour les impacts négatifs potentiels sur les droits humains, la gravité prime sur la probabilité. Les impacts réels ont été évalués tels qu'ils se sont produits ; les impacts négatifs potentiels n'ont été réduits que par les mesures de prévention et d'atténuation déjà mises en œuvre et efficaces à la date de clôture, et non par des mesures prévues. Une attention particulière a été portée à [activités, pays d'approvisionnement ou relations d'affaires à risque accru, par exemple l'approvisionnement en matières premières dans le pays X], identifiés grâce à notre [cartographie des risques fournisseurs].
Évaluation des risques et opportunités. Les risques et opportunités ont été notés selon l'ampleur potentielle de leur effet financier (de 1 à 5, sur la base des tranches d'EBIT de notre gestion des risques : [montants en €]) et selon leur probabilité (de 1 à 5), à court terme (jusqu'à 1 an), moyen terme (1 à 5 ans) et long terme (plus de 5 ans). Les risques de durabilité importants sont intégrés à notre cartographie des risques et suivis dans le reporting des risques [trimestriel].
Seuils. Un IRO est important s'il atteint un score de [3,0] ou plus sur l'échelle de 1 à 5 dans la dimension concernée. En outre, tout impact négatif potentiel sur les droits humains noté 4 ou 5 en ampleur est important quelle que soit sa probabilité. Un thème est important si au moins un de ses IRO l'est. Les cas limites ([2,5 à 2,9]) ont été examinés lors d'un atelier de calibrage le [date] et documentés.
Parties prenantes et vigilance. L'analyse s'appuie sur notre processus de vigilance [par exemple notre cartographie des risques et notre code de conduite fournisseurs]. Le point de vue des parties prenantes affectées a été pris en compte au travers [par exemple d'échanges avec le CSE et le comité d'entreprise européen, de deux entretiens avec des fournisseurs, des résultats de notre enquête salariés (N réponses) et d'un atelier avec (nom de l'ONG)]. [Nombre] experts externes sur [thèmes] ont relu le projet de liste des IRO. À la suite de ces échanges, nous avons [par exemple ajouté deux IRO sur les conditions de travail dans la chaîne d'approvisionnement].
Gouvernance. La méthodologie, les échelles et les seuils ont été approuvés par [le comité exécutif] le [date], avant le début de la notation. Les résultats ont été validés par [le comité RSE], approuvés par [le comité exécutif] le [date] et présentés au [comité d'audit du conseil d'administration] le [date]. Chaque notation, justification et modification est documentée avec sa date et son auteur.
Changements par rapport à la période précédente. [Aucun changement significatif n'a été apporté au processus.] / [Par rapport à [année], nous avons [modifié le seuil de X à Y / étendu le périmètre à la société Z acquise], car [raison]. En conséquence, [thème] est désormais [important / non important].]
Date de la dernière mise à jour. L'analyse de matérialité a été mise à jour pour la dernière fois le [jour mois année]. Conformément à l'ESRS 1 §34, nous examinons à chaque date de clôture si des changements significatifs de notre activité, de notre chaîne de valeur ou de notre méthodologie nécessitent une mise à jour.
Chaque chiffre de votre texte IRO-1, documenté une seule fois
Materiality Master enregistre vos échelles, vos seuils, les liens avec les parties prenantes et chaque notation avec sa justification, trace dans la piste d'audit qui a modifié quoi et quand, et son assistant IA rédige des descriptions d'IRO et des justifications que vous relisez et ajustez.
Comment adapter l'exemple de texte
- Supprimez avant d'ajouter. S'il n'y a pas eu d'atelier de calibrage, retirez la phrase. Un texte plus court et exact vaut mieux qu'un texte qui semble complet.
- Utilisez vos propres chiffres. Échelles, seuils, dates et nombres de participants rendent le texte propre à votre entreprise.
- Laissez les résultats de côté. Les IRO importants relèvent de l'IRO-2, les effets financiers du SBM-3.
- Vérifiez la cohérence avec GOV-1/GOV-2 (qui a approuvé), SBM-2 (parties prenantes) et votre rapport sur les risques (tranches en euros, horizons de temps).
- Tenez un historique des changements, pour que les paragraphes sur les changements et la date de dernière mise à jour vous prennent quelques minutes l'an prochain, pas des jours.
Ce qu'apporte un logiciel
Un texte IRO-1 ne vaut que par la documentation qui le sous-tend. La plupart des faiblesses de notre échantillon viennent d'informations qui existaient quelque part mais n'étaient pas à portée de main au moment de la rédaction : le seuil exact, qui l'a approuvé, quel apport des parties prenantes a modifié quel IRO.
Materiality Master réunit ces informations au même endroit. Vous notez chaque IRO selon l'ampleur, l'étendue, le caractère irrémédiable et la probabilité, définissez vos propres seuils pour tous les IRO ou par type d'IRO, reliez dans l'évaluation des parties prenantes chaque partie prenante aux IRO qu'elle a éclairés, joignez des preuves comme des procès-verbaux d'approbation sous forme de documents, et la piste d'audit enregistre qui a modifié quoi et quand. L'assistant IA rédige des descriptions d'IRO et des justifications de vos notations, que vous relisez et ajustez. Au moment de rédiger l'IRO-1, vous décrivez ce qui est déjà documenté.
À retenir
- L'ESRS 2 IRO-1 décrit le processus de votre analyse ; les résultats relèvent de l'IRO-2, le lien avec la stratégie et les effets financiers du SBM-3.
- Les ESRS révisées demandent cinq éléments au §35 : processus et seuils, hiérarchisation et atténuation, vigilance et parties prenantes, changements et date de la dernière mise à jour.
- Dans 15 rapports de l'exercice 2025, la description comptait de 700 à 2 450 mots ; seuls 6 sur 15 donnaient des seuils chiffrés et seuls 3 sur 15 la règle des droits humains.
- Les meilleurs textes sont précis et honnêtes : des chiffres, des instances nommées, une consultation chiffrée, un historique des changements et une justification lorsque quelque chose n'a pas été fait.
- Utilisez l'exemple de texte comme une structure, pas comme un substitut à votre propre documentation.
Envie de voir à quel point le prochain texte IRO-1 devient plus simple quand échelles, seuils, apports des parties prenantes et approbations sont documentés au fil de l'eau ? Comparez les offres sur notre page tarifs ou commencez par l'essai gratuit.


